Aller plus loin

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    Accéder aux rapports et publications d’Arbriss’eau et des projets précédents ou parallèles.

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    Découvrir le paysage de la recherche et développement en agroforesterie

Le projet

Le contexte

Depuis quelques années, on observe que l'agro-écologie, et plus généralement les cultures associées, se développent sur le bassin versant Rhône Méditerranée & Corse. Dans la gamme des alternatives agricoles proposées aux agriculteurs pour protéger la ressource en eau, l'agroforesterie apparaît prometteuse car elle permet de concilier production agricole et protection du milieu.

Et si elle ne remet pas fondamentalement en cause le système de production, elle constitue souvent un prétexte pour le questionner et le faire évoluer, notamment sur le volet de la consommation en intrants (produits fertilisants, phytosanitaires, eau) en essayant de tirer parti de la présence des arbres.

Une pratique traditionnelle encore méconnue...

Sur le bassin, des pratiques agroforestières traditionnelles existent depuis des générations, comme c'est la cas pour les noyeraies du Dauphiné, les truffières de la Drôme, le sylvopastoralisme en zone méditerranéenne et de Corse, les peupleraies pâturées, ou encore les associations olivier-vigne ou céréales. Ces systèmes ont survécu aux différentes évolutions de l’agriculture et des réglementations, preuve de leur intérêt agronomique et économique.

D’autre part, le bassin RMC a été le siège historique de la recherche nationale en agroforesterie avec notamment les sites expérimentaux de Restinclières (34) et de Vézénobres (30), ou plus récemment la Plate-forme TAB (26) ou La Durette (84).

En parallèle, de plus en plus d'agriculteurs s'intéressent et font le pas vers l'agroforesterie. Si chacun de ces sites permet d'approfondir les connaissances sur les systèmes agroforestiers, il n'en reste pas moins qu'il n'existe, pour l'heure, que peu de production de connaissances transversales qui reflètent la diversité des systèmes agroforestiers. Et le manque de réseau régional fait défaut au développement de ces pratiques.

Le projet en bref

Le projet Arbriss'eau a pour ambition de fédérer ces initiatives et de développer l'expérimentation participative en agroforesterie sur le bassin avec pour finalité la production de références sur les performances économiques, sociales et environnementales de ces « nouveaux » systèmes. Il propose de créer un réseau à l'échelle du bassin regroupant l'ensemble des acteurs et des systèmes, de chacune des filières concernées afin de favoriser la mutualisation des expériences, favoriser la production de connaissances nouvelles et de proposer des pistes de co-conception de nouveaux systèmes agroforestiers entre expérimentateurs, agriculteurs et chercheurs.

Une recherche pionnière en France

Depuis une vingtaine d’années, l’UMR-System de l’INRAE pilote différents sites expérimentaux agroforestiers innovants situés dans le bassin RMC (principalement la plaine côtière méditerranéenne et les piedmonts cévenols). Ces travaux ont permis de comprendre les mécanismes qui sont modifiés par la présence d’arbres dans les parcelles agricoles, et qui influent à la fois sur le bilan hydrique, sur la dynamique de réponse aux évènements pluvieux intenses, et sur la qualité de l’eau qui sort de la parcelle. Ces travaux ont bénéficié en 2010 et 2011 d’un financement de l’agence de l’eau RMC, qui a débouché sur un rapport montrant pour la première fois l’impact positif possible des systèmes agroforestiers sur la qualité de l’eau drainée hors des parcelles cultivées. On a alors mis en évidence le fort potentiel des parcelles agroforestières pour réguler les événements pluvieux intenses, réduire les pertes par drainage et limiter la pollution par l’azote des eaux souterraines.

Aujourd’hui, de nouvelles équipes de recherche commencent à travailler également sur le sujet.